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Il est fascinant de voir combien il faut peu de temps à une nouvelle « bien-pensance » pour s’installer. Il y a encore deux mois (un siècle !), la visioconférence était réservée à quelques entreprises, à des usages ou des contextes particuliers. Télétravail oblige, c’est devenu l’Alpha et l’Oméga de la nouvelle pratique managériale. Et pour cause ; tous ont pu en constater l’efficacité professionnelle, économique et écologique.  Mais, au vu du succès des apéros virtuel, des sites de rencontre, voire de la formation à distance, il est également de bon ton d’en souligner les mérites sociaux, émotionnels, voire affectifs.

Est-on obligé d’aller jusque-là ?

Souvenez-vous : nous sommes à la mi-mars, la décision du confinement général et immédiat prend tout le monde au dépourvu. La nécessité pour les entreprises de s’organiser dans l’urgence pour faire face à cette situation inédite leur fait (re)découvrir ces merveilleux outils (ZOOM, TEAMS et tous les autres) qui vont vite devenir des stars planétaires. Cette découverte ne se fait pas sans apprentissage et nos premières réunions nécessitaient une bonne demi-heure pour que tous les participants réussissent à se connecter par le son et l’image et choisissent le bon cadrage…

Aujourd’hui, nos réunions commencent à l’heure, davantage souvent qu’en présentiel. La technique oblige à une discipline précise et, force est de le constater, les participants demandent la parole au lieu de la prendre, l’écoute s’en trouve grandement améliorée, la bienveillance y gagne et, au final, l’efficacité des réunions se mesure aisément à leur durée et à leur productivité.

Cet acquis ne sera pas sans lendemain. Dans le livre blanc que vient de publier la Communauté de l’Ecole des Talents et auquel ACCOMPLIR a participé (« La crise : une opportunité pour (re) inventer le leadership »), les auteurs analysent ce que la crise a durablement changé dans le management et le distinguent de ce qui n’a pas changé et qui constituent en quelque sorte les invariants du management. Ce qui a changé, c’est l’organisation des temps et des espaces, symbolisé par la place appelée à devenir centrale (mais non unique) du télétravail. Et la distance physique que les uns et les autres seront amenés à prendre avec leur lieu habituel de « rassemblement » continuera à faire de la visioconférence un outil clé.

Oui, mais pas forcément pour tout.

Il a été évoqué plus haut les avantages de la visioconférence et notamment son efficacité pour partager l’information et/ou prendre des décisions. Au point où les pressions sont fortes pour généraliser son emploi à toute forme de réunion et pour toute occasion, y compris la formation à distance.

Commençons tout de suite par lever une objection. Voilà plus de 12 ans qu’ACCOMPLIR accompagne à distance des personnes dans leur projet professionnel. Et nous nous estimons bien placés pour affirmer qu’une véritable relation, avec ce que cela suppose de confiance partagée, peut s’établir entre deux personnes à distance, aussi bien qu’en présentiel.

La difficulté survient avec le nombre et la nécessité de la discipline qui en découle. Cela aide le partage des informations et des avis, et donc la prise de décision. Cela décourage la spontanéité, l’impromptu, et tempère considérablement l’enthousiasme et toute autre forme de manifestation d’une émotion.

Comme le dit si bien Gaspard Koenig, dans Les Echos du 6 mai 2020, « on peut tout faire en virtuel, sauf l’essentiel ». Il précise :

« Ce que ces dernières semaines nous ont aussi et surtout permis de constater, ce sont les limites du virtuel. Les enfants veulent rentrer en classe. Les adultes veulent revoir leurs collègues. Les politiques veulent serrer des mains. Les consommateurs veulent flâner dans les boutiques. Pourquoi ? Quel est cet indéfinissable supplément d’âme qui nous manque tellement ? (…) C’est tout ce qu’on ne peut pas prévoir : un geste décalé, un chahut en classe, un aparté entre chefs d’Etat, un verre mal posé, un accusé qui regarde au plafond… En abstrayant du réel ce qui nous est utile à un moment donné et pour une fin déterminée, le virtuel élimine par construction l’intempestif, l’aléa et le débordement : une visioconférence ne peut être perturbée par des gens qui n’y sont pas invités, les bavardages y sont impossibles et la distribution de la parole interdit toute spontanéité ».

Si la visioconférence a gagné ses lettres de noblesse durant ce confinement, sachons à l’avenir l’utiliser abondamment certes, mais à bon escient.

Parce que le management est et restera une affaire artisanale, n’oublions pas que l’on reconnait un artisan de talent à ses outils… et à sa capacité à bien les choisir en fonction des situations et des circonstances !

Jacques BourdonnaisGérant ACCOMPLIR

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8% de nos peurs sont réelles.

Mais de 100% de nos peurs découlent nos comportements.

En état de stress, ce n’est plus la raison qui est capitaine à bord ! Difficile de mobiliser ses capacités de réflexion, nous réagissons de manière incontrôlable.  Nous avons assisté à des scènes de panique dans les supermarchés, des réactions de déni, des critiques acerbes et emplies de colère, …

Dans la crise sanitaire et épidémique que nous traversons avec le Covid-19, qui n’a pas été confronté à ce type de réactions ?

Emmanuel MACRON a parlé de « guerre » contre le virus. Des mots forts qui ont généré un déferlement d’émotions.

Si dans un 1er temps, c’est le stress qui prend le dessus, dans un second temps, une prise de recul est nécessaire pour agir et dépasser toute crise qu’elle soit sanitaire ou organisationnelle.

Et si la clef, avant d’être collective, était au cœur de chacun d’entre nous ?

D. Goleman et avant lui J. Meyer & P. Salovey, ont souligné l’importance de l’intelligence émotionnelle : identifier ses émotions, les repérer chez soi et chez l’autre afin d’en faire ses alliés pour se gérer et moduler ses comportements.

C’est l’indicateur le plus significatif en terme de réussite professionnelle aujourd’hui.

Dans une situation de crise où l’inconnu et l’inédit font surface à la place de toutes certitudes, être en capacité de prendre de la distance, de se reconnecter à soi, est essentiel.

Nos émotions sont nécessaires comme les voyants sur le tableau de bord d’une voiture. Elles nous donnent des indications précieuses :  La peur nous permet de nous préparer à l’action, la colère de nous préparer à défendre nos valeurs, notre territoire. Par contre, si elles prennent le dessus, nous ne sommes plus en capacité d’entendre leur message, et donc d’agir en connaissance de cause. Mieux accueillir ses émotions, les identifier, permet de pouvoir se connecter à soi, de les réguler et d’agir efficacement en fonction de la situation.

Face à la crise du coronavirus, les soignants ont besoin de faire de leurs émotions leurs alliées afin de rester vigilants sans paniquer, mais aussi pour apporter soutien & bien être aux personnes soignées.

Les personnes confinées ont besoin de rester vigilants et comprendre l’importance du respect des règles tout en ne cédant pas à la panique. Ils ont besoin de joie, émotion agréable qui permet de se connecter aux autres (par exemple, en Italie, les actions spontanées de musique au balcon),besoin de sérénité pour pouvoir établir des relations apaisées avec leurs proches dans un environnement restreint.

En situation de crise organisationnelle, l’intelligence émotionnelle permet à un chef d’entreprise, à un manager, de se gérer, d’agir et de pouvoir continuer à entretenir des relations constructives et efficaces avec ses collaborateurs. Quelle que soit la situation que traverse son entreprise, il est essentiel qu’il continue à communiquer auprès de chacun, à choisir les bons mots, à transmettre des directives claires, à donner un cap, à assumer son rôle de capitaine. Et cela ne peut se faire que si celui-ci s’appuie sur ses émotions sans en être le jouet.

Comment s’y prendre ? Notre 1er outil : l’introspection, observer et analyser ses émotions, leurs causes, identifier le besoin non satisfait. En nourrissant nos besoins, nous subirons moins nos émotions. D’autres outils sont à la portée de tous : la respiration, la pleine conscience, la méditation, …  On retrouve aujourd’hui de multiples applications, accessibles à tous.

En outre, dans toute crise, le manager, comme au quotidien, a un vrai potentiel de gestion de crise en s’appuyant sur la richesse des talents de ses collaborateurs, de son équipe. En adoptant le management par les talents, le manager aura construit une vraie relation de confiance avec ses collaborateurs. Ils pourront ainsi s’appuyer tous deux sur celle-ci en situation de crise. De plus, aborder la crise avec l’approche du management par les talents permet d’être créatif, d’être innovant dans la gestion de la crise, tout en impliquant chacun. Ainsi, chacun, acteur, en s’appuyant sur ces forces, sur ce qu’il fait bien, avec plaisir, va pouvoir apporter sa pierre à l’édifice pour trouver des solutions inédites.

Comme toute crise, nous pouvons espérer que la crise du Covid-19 nous permettra de nous réinventer, d’apporter du positif, d’ouvrir des opportunités … En attendant, se reconnecter à soi, à ses talents, aux autres, semble être la piste la plus adaptée pour avancer.

 

Gwénaëlle JONCOUR
Consultante RH, formatrice et psychologue du travail

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Depuis maintenant 3 ans presque jour pour jour, nous vous parlons de talents. En mars 2017, c’est Jacques BOURDONNAIS qui signait le 1er article dans lequel, il expliquait ce qu’on appelle le TALENT et comment le management par les talents était un formidable levier de performance …

Mais encore faut-il savoir identifier ses talents et ceux de ses collaborateurs et ensuite revisiter son management avec cette nouvelle approche managériale…

L’étude « The Global Leadership and Talent Index » du Boston Consulting Group révèle qu’une entreprise qui développerait le management par les talents augmenterait ses profits 2,2 fois plus vite ! Il permettrait aussi un meilleur engagement de la part des collaborateurs d’après l’étude de l’ANDRH (Association Nationale des DRH). En effet, ils seraient 58% plus engagés par un management par les talents.

De quelle manière cette nouvelle façon de manager permet aux entreprises qui l’appliquent de performer 2 fois plus vite ? En arrêtant de se focaliser sur ce que le collaborateur fait de moins bien et au contraire en misant sur l’expression de ses talents !

En favorisant la parfaite adéquation entre ce qu’un collaborateur réussit naturellement mieux et son rôle dans l’entreprise, on améliore les performances des collaborateurs et donc de l’entreprise.

Vous êtes convaincus ? Et maintenant vous voudriez savoir de quelle manière découvrir vos talents ?

Il existe plusieurs moyens de reconnaître un talent naturel. Je vais ici vous en livrer un, en me basant sur les caractéristiques du talent :

  • Quand le talent se manifeste, la personne est naturellement bonne, elle génère des résultats positifs, elle touche à son excellence.
  • Le talent a un caractère répétitif: les résultats positifs et l’excellence de la personne se répètent régulièrement, chaque fois que le talent s’exprime.
  • L’utilisation du talent procure du plaisir à la personne.
  • Le talent est souvent minimisé par la personne quand elle en parle.

En lisant ces caractéristiques, vous comprenez peut-être d’ailleurs un peu mieux comment, en basant votre management sur les talents, vous allez améliorer la performance de votre entreprise ! Outre le fait que vous permettrez à vos collaborateurs de générer des résultats positifs facilement, cela lui procurera du plaisir, entraînant un impact positif sur son bien être et plus globalement sur le climat général de l’entreprise.

Donc maintenant, questionnez-vous : « qu’est-ce que je réussis bien, avec facilité et qui me procure du plaisir ? »

Vous pouvez ensuite observer vos collaborateurs en vous posant la même question, cela vous permettra d’identifier vos principaux talents et ceux de vos collaborateurs.

Les 34 talents que compte le référentiel de l’institut Gallup sont regroupés en 4 catégories :

  • Talents naturels liés à l’effort, à l’action (mobilisation de sa propre énergie)
  • Talents naturels liés à la réflexion
  • Talents naturels liés à la relation aux autres
  • Talents naturels liés à l’influence, au leadership (mobilisation de l’énergie des autres)

Dans quelles catégories se trouvent vos talents ? Et si vous aviez le talents Stratégique, ou Développeur ou encore Charisme ou Réalisateur … ?

Cela vous a donné envie d’aller plus loin sur le management par les talents ? Rencontrons-nous !

 

Nathalie SIBRE  Consultante & Coach, Accomplir

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Il est aujourd’hui admis que la communication fait partie des compétences attendues du management. Le manager doit ainsi « savoir communiquer » avec l’ensemble de son environnement, ses collaborateurs, sa hiérarchie, ses pairs et plus généralement tous ses interlocuteurs. Il se retrouve même régulièrement à devoir prendre la parole en public. Exercice difficile pour beaucoup, générateur de stress et de culpabilité pour ceux, nombreux, qui estiment ne pas posséder de talent naturel en la matière. D’où une demande légitime de formation et une réponse plus complexe qu’il n’y parait.

Car de quoi parle-t ’on quand on évoque la communication ?

Spontanément, on pense bien sûr à ces personnes qui s’expriment aisément, qui parviennent sans difficulté à traduire leurs pensées en mots et en phrases, ces personnes que l’on qualifie habituellement de « brillantes ». Il s’agit d’ailleurs là, précisément, de la présentation du talent « communication », tel qu’il est défini par le test « strengthsfinder » de Gallup (www.strengthsfinder.com), ce test qui positionne chacun par rapport à un « inventaire » de 34 talents possibles. Ceux qui possèdent ce talent sont naturellement de bons communicants.  Pour les autres, la communication sera moins naturelle et leur demandera des efforts pour acquérir les compétences leur permettant de s’exprimer aussi efficacement.

Soit. La qualité de la communication se mesure-t‘ elle toujours pour autant à l’aune de son efficacité ? La célèbre émission de télévision « Apostrophes » animée il y a quelques années par Bernard Pivot était réputée pour sa capacité à accélérer les ventes des auteurs qui avaient « crevé l’écran ». Tous, sauf un. Cette émission a ainsi rendu célèbre auprès du grand public, Patrick Modiano, bien avant qu’il ne devienne, en 2010, Prix Nobel de littérature. Ces prestations télévisuelles constituaient pourtant le parfait contre-exemple d’une « bonne » communication. Qu’on en juge à sa réponse faite à Bernard Pivot, lequel lui demandait s’il était un lecteur de Romain Gary « Oui, bien sûr, quand on le lit on est un peu comme, on ne sait pas très bien, et puis après, disons que, surtout quand ça nous rappelle, non, parce que les livres, enfin, c’est une sorte de, et alors c’est un peu comme si, enfin, tout cela est, comment dire, bizarre ». Hésitant, bafouillant, de fait difficile à suivre, Patrick Modiano a pourtant ému lors de ces passages télévisuels des milliers de téléspectateurs qui se sont précipités le lendemain pour acheter ses livres.

La communication ne se limite pas à la transmission d’une information ; on transmet tout aussi bien, et parfois sans le vouloir, une émotion, un enthousiasme, des idées, …

Si l’on reprend le langage des talents, tel qu’il est proposé par le strengthsfinder de Gallup déjà évoqué, on imagine aisément que certains talents facilitent ainsi des situations particulières de communication, qui dépassent la classique prise de parole en public et qui n’en sont pas moins des situations de « communication ». Par exemple, les personnes ayant le talent « empathie » savent se mettre dans la peau des autres pour comprendre ce qu’ils ressentent. Cette capacité d’écoute est de fait un atout pour communiquer avec eux. Ceux qui ont le talent « charisme » préfèrent par-dessus tout rencontrer de nouvelles personnes, créer des liens avec elles. N’est-ce pas un avantage considérable pour entrer en communication avec d’autres ? Quant aux personnes à dominante « positivité », elles sont douées d’un enthousiasme contagieux. Optimistes, elles savent le communiquer aux autres et les intéresser à ce qu’elles font. Enfin, les personnes possédant le talent « idéation » sont fascinées par les idées et parviennent à trouver des liens entre des phénomènes qui à priori n’en ont pas. Ce faisant, elles peuvent intéresser les autres à ce qu’elles pensent, non par la fluidité de leur langue, la logique de leur démonstration, mais par l’originalité de leur pensée.

La communication n’est pas une. Il est légitime de vouloir progresser en la matière et il est possible de le faire ; en apprenant à maîtriser les différentes situations de communication par l’acquisition des techniques de la prise de parole en public, ou bien encore de l’attitude d’écoute, …, mais il est naïf de penser pouvoir maîtriser tous les aspects de la communication. On peut toujours se lamenter sur ce que l’on ne sait pas bien faire. L’expérience prouve qu’il est beaucoup plus efficace, et plaisant, de cultiver les talents que l’on a en la matière et d’en faire de véritables points forts.

En y réfléchissant autrement, comment pouvez-vous mettre vos talents au service d’une meilleure communication ? Car, si tout peut s’apprendre, seul ce qui s’appuie sur nos talents peut nous permettre d’exceller.

Jacques Bourdonnais, Gérant ACCOMPLIR, février 2020.