Author: admin_accomplir

« En plein cœur de toute difficulté, se cache une possibilité » A.Einstein

Le changement au sein d’une organisation, est-ce une fatalité ?

La révolution numérique, une réorganisation, des besoins clients qui se transforment en bousculant les produits et services proposés, … Aujourd’hui toutes les entreprises vivent le changement au quotidien. Vivent ou subissent ?

Souvent le changement est perçu comme une menace. Et si on y décelait plutôt une opportunité ? Pourquoi viser à tout prix un retour à la norme alors que l’on peut grandir ensemble, se saisir de ce changement pour aller plus loin ?

 

Accomplir a fait le choix du management par les talents. En manageant par les talents, le manager capitalise sur les forces de son équipe. Il fait le choix de s’appuyer sur les points forts de chacun des membres de l’organisation, rouage actif et complémentaire qui crée l’ADN de cette entreprise. Il parie sur son capital humain.

Pourquoi ne pas adopter la même approche en période de transformation ?

Ainsi, au lieu de ne pointer que les risques, que ce qui dysfonctionne, les problèmes, le dirigeant et ses collaborateurs peuvent au contraire se poser une question clef : Qu’est-ce qui fonctionne bien dans notre entreprise ? Quels sont les talents présents ? Quels sont nos succès ?

Par exemple, une expérience client humaine, des retours clients satisfaits, comment valoriser cette force ? Un suivi client personnalisé et réactif apprécié, comment en faire une clef de voûte pour le changement ? Un collaborateur avec le talent de futuriste (insuffle aux autres leur vision de l’avenir), un autre avec le talent maximisateur (se concentre sur ses points forts et ceux des autres pour stimuler l’excellence), quelle aubaine !

Une réflexion collective peut ainsi être menée pour étudier les raisons du succès de l’entreprise, se focaliser sur le potentiel à explorer, mais aussi mieux connaître les talents de chacun. En portant l’attention de chaque collaborateur sur le positif et sur leurs atouts, en les impliquant dans la transformation en cours, le dirigeant génère une source d’innovation et de créativité et impulse un changement porteur de sens individuellement et collectivement.

C’est un vrai changement de paradigme, d’un problème à résoudre, le changement devient un challenge à relever, un enjeu motivant pour tous, une source de potentiel.

Le rôle du management est essentiel dans cette phase de transformation : l’écoute, la reconnaissance qu’il apporte à ses collaborateurs sont clefs. Un changement, quel qu’il soit réinterroge les valeurs de l’organisation et de ses membres, la culture d’entreprise. Il impacte les pratiques, les méthodes de travail, les compétences des collaborateurs. C’est un enjeu individuel et collectif !

Ensuite, une autre question est primordiale : quel est le futur désiré ? Quel objectif souhaite-t-on atteindre ensemble ? Dessiner l’avenir ensemble à travers des temps d’échanges forts et concrétiser le changement en équipe devient donc une clef de la réussite. Ce n’est possible que dans un climat de confiance, d’ouverture, qui permet à tous de s’exprimer et de valoriser les compétences individuelles et collectives. Communiquer, Ecouter, faire des réunions d’avancées de projets font partie de la conduite du changement.  En permettant à chacun d’être acteur de ce changement, en les interrogeant sur ce qu’ils souhaitent développer ensemble, le train peut partir sans laisser de wagons à la traîne, en embarquant tous les passagers.

Ainsi,  une unité logistique de l’entreprise Philips témoigne de l’impact positif de cette approche pour relever des défis logistiques liés à de nouvelles exigences. (cf vidéo)

C’est ce qu’on appelle l’approche « appreciative inquiry », née à l’Université Case Western Reserve University de cleveland, créée par le professeur David Cooperrider.

Combinée à l’approche talents, elle permet à l’entreprise de lier performance et humain (thème de l’afterwork d’Accomplir du mois de juin). Alors prêts à changer de lunettes ?

 

Gwenaëlle Joncour – consultante RH, Formatrice et psychologue du travail – Accomplir

A quoi pensez-vous lorsque que vous entendez « autorité » ? Avoir de l’autorité ? faire autorité ? crise d’autorité ?

Michel Serre, philosophe et académicien de 88 ans qui vient de s’éteindre en ce début juin 2019, rappelle que « autorité » vient du latin auctoritas, dont la racine se rattache au mot « augere », qui signifie « augmenter ».

L’autorité est donc cette aptitude à augmenter l’autre, au sens de le faire grandir, de le tirer vers le haut.

Avec quoi rime autorité aujourd’hui ?

Que cela soit en matière d’éducation, de management ou de politique, nous sommes actuellement poussés à réfléchir à la notion d’autorité, dans un contexte sociétal où elle paraît mise à mal :

Crise de l’autorité parentale, symbolisée par l’émission Super Nanny, cette femme aux allures de gouvernante qui vient au secours de parents débordés dans leur rôle ;

Evolution de la relation parents-enfants qui fait plus que jamais dire aux enseignants puis aux dirigeants et managers qu’ils ont le sentiment d’endosser cette fonction d’autorité parentale ;

– Professeurs, médecins, …

Bref ceux qui faisaient jusqu’à présent figure d’autorité, se voient challengés, amenés à justifier leur expertise.

Alors, si avoir de l’autorité, c’est être capable de faire grandir l’autre, que veut dire grandir, pour un humain, qu’il soit salarié, enfant, … ?

Je grandis lorsque je gagne en compétence (j’apprends à marcher, parler, conduire, animer une réunion, …), en étant capable de faire seul, en autonomie et en confiance.

Au travail, l’entretien annuel n’est-il pas l’occasion pour le manager de se demander comment faire grandir ses collaborateurs ? en s’interrogeant sur les points forts, les motivations, les axes de progrès de ceux-ci. Et en stimulant la capacité à faire plus, plus grand, plus vite, de celui pour qui le costume devient trop petit.

De quoi avons-nous tous besoin pour grandir ?

Souvenez-vous ! … de vos expériences d’enfant apprenant à marcher, de votre première prise de poste. Quand, enfant, vous avez ressenti votre parent vous lâcher la main pour faire vos premiers pas seul… Parce qu’il vous a fait confiance et donné la possibilité d’essayer, d’échouer, de recommencer, vous avez pu acquérir cette compétence.

Mais, « ce n’est pas en tirant sur un jeune arbre qu’on le fera grandir » rappelle Vincent Lenhardt. La bonne autorité, c’est celle qui montre le chemin, qui crée les conditions pour permettre de grandir, se déployer, s’épanouir… lorsque l’autre est prêt.

Et vous, qui vous a fait grandir ? Généralement, on n’oublie pas ces quelques personnes.

 Comment faire autorité lorsque l’on est manager ?

Dans nos missions d’accompagnement des organisations, nous constatons que beaucoup de managers, aujourd’hui encore, le sont devenus parce qu’ils ont fait leurs preuves comme experts métier. Ils faisaient ainsi autorité dans leur environnement professionnel. C’est souvent le cas des managers de proximité pour des équipes techniques.

On propose ainsi à des gens qui n’ont pas toujours d’appétence, ni de talent particulier pour gérer la relation à l’autre, d’encadrer une équipe.

Devenir manager est souvent conçu comme une promotion, comme le rappelait en début d’année Nicolas Bouzou (économiste français connu pour son regard critique sur le management des grandes entreprises) *.

Nos missions nous rendent aussi témoins de bonnes pratiques dans les entreprises, parmi lesquelles nous pouvons identifier des postures qui aident à faire grandir :

– La posture de coopération (posture « +/+ » en langage d’analyse transactionnelle), et non de domination qui revient à avoir de l’autorité sur quelqu’un. Cette posture implique une vision positive de l’autre comme de soi-même, pour une relation équilibrée.

Vision positive ne veut pas dire « bisounours »! Lorsque le manager constate qu’un collaborateur s’écarte de la règle en provoquant une situation qui nuit à la relation client ou au fonctionnement de l’équipe, un rappel à la règle rapidement après les faits évitera d’avoir à faire acte d’autorité – avec le bâton – plus tard : « savoir être dur à temps pour éviter d’être cruel plus tard ».

– Et dans ce cas, une communication assertive amènera à formuler une critique ou un message difficile sans nuire à la relation, et en exprimant une demande claire sur le comportement attendu, qui aide le collaborateur à évoluer, et ainsi à grandir. C’est également ce que le feed back permet.

– Utiliser le style de management qui correspond au niveau de compétences et de motivation des personnes que l’on encadre pour les accompagner vers l’autonomie. Par exemple, même si mon style naturel de management est la délégation, j’adopte une posture plus directive avec un collaborateur qui a une faible expérience métier ou qui fait preuve de peu de motivation. A l’inverse, si j’ai un management directif avec un collaborateur dont les compétences et la motivation sont élevés, je risque fort de le brider.

Inviter à renforcer ses talents naturels. Quelle gratitude exprimée par les collaborateurs – et tout être humain d’ailleurs – envers les managers qui leur ont permis de prendre conscience de leurs points forts et les ont amenés à les renforcer ! Et quelle puissance décuplée chez ces collaborateurs !

Evident pensez-vous ? Alors vous faites probablement partie des managers qui ont envoyé leurs collaborateurs se former davantage pour renforcer leurs points forts que pour combler un manque de savoir-faire ou de compétences.

 Et vous, comment faites-vous grandir vos collaborateurs ?

 

 Anne de BORGGRAEF _ Consultante & Coach _ Accomplir

Connaissez – vous les tendances managériales 2019 ?  Y-a-t-il des modes, des mouvements de fond ?  Manageuses, manageurs, pour savoir si vous êtes in ou si vous êtes out, c’est ici.

Un manageur de talent est un manageur qui sait que rien n’est jamais acquis et qu’il est un éternel apprenti ! Alors se remettre en cause, se situer dans un environnement en perpétuel mouvement, interroger ses pratiques, les faire évoluer, voila qui fait partie du job même si cela n’est pas toujours confort, l’idée étant de déconstruire les habitudes …

Pour vous aider à vous questionner et à être « tendance » en 2019, voici quelques pistes de réflexion qui espérons-le, amèneront l’action.

Vous connaissez-vous en tant que manageur, manageuse ?

Mouvement de fond, s’il en est, pour bien manager, il faut d’abord bien se connaitre. Connaitre ses talents, ses modes de fonctionnement naturels, les reconnaître, les cultiver pour être encore meilleur. Indéniablement une marche est encore à monter de ce point de vue pour que chaque manageur et chaque manageuse prenne pleinement possession de ses atouts pour mieux interagir avec son équipe. Une deuxième marche à grimper, peut-être de travailler son intelligence émotionnelle, vecteur d’influence de tout management.

Vous préoccupez-vous de l’engagement de vos collaborateurs et de vos collaboratrices ?

Donner du sens à ce que l’on entreprend, traduire cela en actions concrètes pour permettre à ses collaborateurs(trices) de s’engager pleinement. Le faire en cohérence et transparence, en donnant de la reconnaissance. Ce sont là des essentiels pour bien travailler ensemble et rendre chacun porteur du projet de l’entreprise, en véritable ambassadeur.

Autre point d’attention particulier, à la suite des actualités récentes (ligue du lol …) et à la vague #metoo : vos collaboratrices sont-elles engagées pleinement et sereinement ? L’idée est de (re)questionner les relations hommes-femmes : égalité de traitement, modes de communication, exemplarité de comportement. L’investissement de chacune étant potentiellement corrélé à ces éléments, toutes et tous avons à gagner à reconsidérer, quand ils existent, ces schémas archaïques, parfois sexistes, qui ont fait leur temps.

Songez-vous à la mobilité durable ?

La réforme de la formation professionnelle initiée en 2018 entraîne un changement de paradigme. Comment en tant que manageur participer au projet d’intégration, de formation et d’évolution de ses collaborateurs ? Quels objectifs atteindre, comment les accompagner dans leur évolution et les rendre acteurs de celle-ci ? Cela suppose une réflexion dans l’entreprise pour poser les attendus d’une politique de développement des compétences pertinente afin que chaque manageur ait son rôle à jouer. En 2019, la formation continue devient concrètement un enjeu incontournable pour la réussite des entreprises. La co-construction de projets d’évolution professionnelle / de formation grâce au CPF, à l’AFEST (action de formation en situation de travail), sont des moyens intéressants à faire vivre pour co-développer avec les salariés la formation tout au long de la vie.

Les mobilités écolo-responsables vous intéressent–elles ? Depuis le 1er janvier 2018, les entreprises de plus de 100 personnes (sur un même site) sont tenues de proposer un plan de mobilité dans une logique d’optimisation des déplacements des salariés (co-voiturage, vélo, travail à distance, tiers-lieux / espaces de travail collaboratifs …).  Cela permet de s’interroger sur l’organisation du travail et d’en proposer de nouvelles. Mais attention, cela ne s’improvise pas, c’est un véritable projet d’équipe et/ou d’entreprise. Et n’attendez-pas d’être 100 sur un même site pour agir !

Etes-vous sensible à l’écologie numérique ?

Les mails polluent, vos boites mail et l’environnement, doublement nuisibles donc. Rien d’irrémédiable à cela, des solutions alternatives existent comme l’utilisation d’outils de communication collaborative qui permettent chat et partage de documents, de contenus …

Ils sont efficaces, si on sait les utiliser, d’un point de vue écologique et d’un point de vue cohésion d’équipe. La mise en place de tels outils permet aussi de requestionner les rôles, pratiques de travail et mode de fonctionnement des équipes.

Pratiquez-vous la mixité générationnelle ?

Mixer les générations, et plus généralement mixer des talents, n’est pas toujours simple, mais la mixité est toujours source d’enrichissement. Plutôt que de l’entre-soi, s’ouvrir à la différence est complexe mais source de valeur-ajoutée. Alors, le conseil est de plancher sur la génération Z qui arrive, sans oublier les Y et les X, afin d’être en mesure d’identifier les talents de chacun pour mieux les comprendre et permettre une interaction de travail positif entre tous. Oui, c’est possible, cela demande de ne pas toujours choisir la facilité, de s’intéresser aux autres et à leurs talents respectifs, de les mobiliser dans le cadre de l’intérêt commun.

Ce sont autant de chemins de réflexion pour répondre aux enjeux d’un management réussi ! Manageuses, manageurs, soyez courageux-ses, ne vous dérobez pas, l’avenir est à celles et ceux qui cherchent à faire mieux. Rien ne doit être obligé, sinon cela ne marche pas. L’idée est de suivre ses envies, ses aspirations, de les partager pour les faire devenir réalité. Alors à vos envies !

Fabienne GUENEGO _ consultante RH et Management _ Accomplir

« La Carte n’est pas le Territoire ». Cette phrase bien connue d’Alfred Korzyski, l’inventeur de la « sémantique », signifie qu’il y a une différence entre la réalité et la représentation que l’on peut s’en faire. La cartographie est ici une métaphore qui illustre la façon dont nous donnons un sens particulier (le nôtre) à une réalité complexe. La carte n’est jamais le territoire qu’elle décrit, mais une projection de ce nous privilégions dans ce territoire.

Il en va ainsi de l’approche compétences que nous utilisons pour parler des métiers d’une entreprise et, plus encore, de son fonctionnement.

L’entreprise qui naît de la révolution industrielle est une affaire d’ingénieurs. Finies les grandes manufactures qui regroupaient des artisans. Place à une organisation rationnelle du travail, qui découpe le métier de l’entreprise en grandes fonctions/missions/directions, puis en services, et enfin, en tâches élémentaires. L’efficacité de l’ensemble étant assurée par des process.

Cette spécialisation des tâches a progressivement fait apparaître la notion de « compétences ». Les évolutions techniques, technologiques et organisationnelles se sont chargées de faire disparaître les ouvriers « spécialisés », c’est-à-dire à l’origine, non qualifiés, au profit des ouvriers (et employés) qualifiés ; elles ont donné au fil des ans un contenu à chaque emploi, au point d’élaborer des fiches de poste, décrivant les compétences à maîtriser pour occuper lesdits postes. Ces fiches de poste ont logiquement défini des « profils », dont l’ensemble du corps social s’est emparé pour organiser les formations professionnelles d’abord, la formation tout court enfin, selon une logique « compétences ».

Tout le monde applaudit tant il parait évident que posséder des compétences permet à chacun de trouver sa place dans une entreprise et aux entreprises de trouver leur place sur le marché.

Et s’il ne s’agissait que d’une carte qui nous permet commodément, et sans trop d’efforts, de « lire » le territoire de l’entreprise, et plus généralement de notre vie sociale ?

Tout vient sans doute de la confusion entre « avoir des compétences » et « être compétent ». Dire de quelqu’un qu’il est compétent revient à dire qu’il est performant. Pourtant, pris en son sens élémentaire, la compétence définit ce que l’on sait faire. Elle ne dit rien de la façon dont on le fait : bien, moyennement ou mal. Savoir faire du vélo ne dit rien de notre niveau en la matière… Nous pouvons tous repérer chaque jour dans notre entourage des architectes, des professeurs, des pâtissiers, des plombiers… qui mobilisent les mêmes compétences avec des résultats très variables… C’est pareil bien sûr dans nos entreprises, où compétence rime avec performance ; à tort nous dit l’observation.

Alors, pourquoi s’accrocher à la compétence ? Parce qu’elle s’apprend, qu’elle peut être validée par un diplôme ou par l’expérience et qu’elle permet d’associer un profil à un poste. C’est rassurant. Et l’on préfère oublier ce collègue de travail, recruté pour son mastère en gestion, et dont on se demande encore comment il a pu l’obtenir ! D’autant que, de fait, une partie de son travail est effectué par d’autres dans le service. Est-ce d’ailleurs si grave alors qu’il démontre un réel talent pour secourir ses collègues en peine avec l’informatique, ou pour écouter leurs difficultés, ou bien encore pour mettre une ambiance amicale en organisant les fêtes, …

Parce que si la compétence est ce que l’on sait faire, le talent est ce que l’on fait mieux que les autres. En cela, il est source de performance. Et de plaisir.

Ce sont toutes ces situations qui font le territoire de l’entreprise et dont la carte des compétences rend si peu compte. Et si, au lieu de tolérer ces écarts entre les compétences et les performances faute de pouvoir les éviter, on changeait de carte ? Car, non seulement la carte des compétences ne dit pas la réalité, mais, plus grave, parce qu’elle est le reflet du paradigme organisationnel dominant, elle nous empêche de voir ce qui fait le réel substrat des performances individuelles et collectives.

L’entreprise est un territoire de talents ; les révéler et les cultiver est une réponse à la quadrature du cercle : la performance collective et le plaisir retrouvé de ceux qui la construisent.

Jacques BOURDONNAIS – Gérant d’Accomplir